Interview d'Anne & Jérôme PAVEAU
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France-Mushing : Bonjour à vous deux, tout d’abord une petite présentation
s’impose, qui êtes vous, votre vie au quotidien, la famille,
l’avant chiens, le sport de ce team solognot ? Anne : Bonjour FM ! Alors moi j’ai 37 ans, et je suis
assistante de direction dans une agence immobilière. Gamine j’étais
passionnée d’équitation. En grandissant, j’ai eu pitié du
portefeuille de ma mère et j’ai opté pour le VTT. J’ai toujours été
entourée d’animaux : chiens, chats, chevaux… Imaginer ma vie
sans eux aurait été impossible (mais de là à l’imaginer avec 12
chiens !!!). Aujourd’hui, quand j’ai le temps et le courage de
faire du sport, je cours un peu, fais du VTT ou de la trottinette (sans
chiens). Jérôme : Salut FM, Jérôme, 37 ans, maçon. J’ai toujours
aimé le sport (foot, VTT, natation, course à pied, triathlon) mais
sans jamais me passer de bonnes foires entre amis. Aujourd’hui côté
sport, je mise beaucoup sur l’endurance : je fais principalement
de la trottinette, du vélo, et un peu de musculation (cardio). Anne et Jérôme :
ah oui pour la page People, on est ensemble depuis 10 ans, mariés
depuis 5, et heureux parents de deux enfants de 3 et 6 ans ! F-M : Comment êtes vous arrivés dans le monde du mushing, les
premières rencontres, les premiers chiens les premières courses ?
Lequel a attrapé le virus en premier ? Avez-vous eu un « guide » ? Anne et Jérôme : nous sommes tous les deux des amoureux des chiens et du sport. Jérôme a commencé par attacher notre Rottweiler au VTT…. Après une clavicule cassée, il a songé à trouver un chien plus approprié au sport de traîne. Pourquoi pas un husky ? La vraie révélation (qui fut vraiment commune) a été un cadeau de Noël en 2006 : une initiation au mushing à La Clusaz et à cette occasion notre rencontre très sympa avec René Duc, musher pro et désormais ami. Nous avons d’ailleurs 2 chiens qui viennent de chez lui. FM : Votre première course c’était où et cela s’est passé
comment ? Jérôme : c’était en octobre 2007 à la course FFPTC du
Mans en trottinette 2 chiens non lof : j’avais fini 4ème sur 5.
Je suis passé en 4 chiens lof l’année suivante, et Anne a récupéré
nos 2 chiennes non lof. (ndlr: j'y étais ce fut
ma dernière course ffptc en roller 1 chien avec Shana) Anne : moi c’était la
course FFPTC du BOIS DU TAY (Mayenne) en octobre 2008. Je courais donc
en trottinette 2 chiens non lof et j’ai gagné (on était 2 dans la
catégorie !). |
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F-M : et au fait vous courez en pure race nordique avec des Husky
de Sibérie, pourquoi ce choix ? Est-ce au départ un hasard ou un
choix délibéré ? Anne et Jérôme : au début ce fut le hasard oui. On a fait connaissance avec ce musher pro qui avait des huskies sibériens (d’ailleurs en vrais néophytes, nous pensions que les chiens de traîneau se résumaient aux huskies). Ensuite nous avons appris à connaître et à apprécier cette race. Malgré l’attrait évident de l’Alaskan, dont nous saluons les performances, nous sommes restés fidèles au husky car nous aimons sa rusticité, son caractère réservé, et indépendant de chien de meute. Si les premières personnes rencontrées nous avaient présenté TOUTES les races de chiens de traîneaux, nous n’aurions peut-être pas de huskies aujourd’hui… F-M :
Quels sont vos chiens actuels, de quelles lignées, comment se sont fait
les choix et qui choisi ? Jérôme :
les lignées sont assez variées : polar speed, zero’s , en
passant par du vargevass ! Les choix se sont fait de différentes
façons : le « typé loup » pour
madame, et puis des morphologies plus « sport » pour moi !
Au final, le chenil est composé de chiens bien différents, mais tous
capables de rentrer dans un 8 compétitif. Les lignées sont importantes
certes, mais un bon entraînement et une attention particulière pour
chaque chien restent des facteurs primordiaux. F-M :
L’entraînement en Sologne se passe comment ? Avec quel matériel ?
À quelle fréquence ? L’un de vous deux est il, plus « l’entraîneur »
comment vous répartissez vous les charges ? Anne : c’est Jérôme qui entraîne
les 2 teams pendant que je reste à la maison à m’occuper des
enfants. Il entraîne au kart uniquement, 4-5 fois par semaine. Jérôme :
en fait, tout a beaucoup évolué depuis nos débuts, et heureusement !!
Aujourd’hui, l’entraînement se fait principalement en 8, de nuit (à
la frontale) et chacun occupe une place différente à chaque fois en
roulement. Cela nous permet de courir en 2, 4, 8 même bikejo sur les
courses terres puisque Anne n’est toujours pas décidée à dompter un
kart ! F-M :
En quelques saisons vous êtes devenus incontournables dans le monde des
courses de chiens de traîneau, pas trop lourd à supporter cette
pression de courir avec une pancarte dans le dos (comme l’on dit en
cyclisme) ? Comment cela se gère ? Anne: pour moi la pression est très relative, puisque Monsieur est toujours devant (pff…!). Mais le but est tout de même de le suivre de très
près. C’est hyper motivant de courir en couple, surtout sur neige
dans la même catégorie (4 chiens) ! Sur le fait qu’on soit « incontournable »
c’est gentil, mais ce n’est pas une fin en soi. On préfère
vraiment jouer la carte de la discrétion. On est très heureux de nos résultats
en ce moment et on savoure l’instant présent. Mais on sait que la
roue tourne. F-M :
La saison 2011/2012 a démarré en fanfare, avec des titres de champions
et vice champions tant au niveau français qu’international ?
Quels sont vos objectifs à courts, moyens et longs termes ? Anne : moi mon objectif est simple, je
vais m’employer à dépasser Jérôme, c’est de bonne guerre non ?!!
Bon plus sérieusement (quoique je ne plaisantais pas vraiment !!)
je vais essayer de faire une bonne saison neige. Ensuite sur Terre je
songe à passer peut-être en 4 chiens à court terme (si j’arrive à
tenir sur un kart). A moyen terme je ne sais pas vraiment (peut-être
passer en 6 chiens sur neige). Jérôme : passer en catégories supérieures, mais il nous faudrait plus de chiens, ce n’est pas possible, à moins que ma femme ne se lasse du mushing, la non plus ce n’est pas possible…. A long terme, j’aimerais passer à la longue
distance. FM :
Pour rebondir sur ce projet de Jérôme, même si c’est à long
termes, qu’est ce qui t’attire dans la longue distance ? Tu le
ferais avec des Sibériens, des Alaskans typés nordiques style Robert
Sorlie ou des chiens comme Radek Harvda ? Jérôme : je suis un compétiteur,
raison pour laquelle j’adore les courses de sprint. Mais c’est aussi
beaucoup de stress et de pression, car sur 5 à 10 km, la moindre erreur
ou le moindre pépin peut être fatal. A terme, j’ai envie de profiter
des paysages enneigés, de passer plus de temps avec les chiens, faire
rimer chrono avec détente… j’ai aussi envie de bivouacs dans la
montagne, de nuits en tente à côté des chiens…. (tout ce qu’Anne
déteste !!! il va y avoir du boulot pour la motiver). FM : Et
toi Anne qu’est qui te retient dans le kart, pourtant tu n’as pas
l’air d’avoir peur de grand chose et le vtt ça forme à l’équilibre
précaire, non ? Anne : bizarrement je me sens
plus à l’aise sur 2 roues que sur 3. Un jour, je me suis fait peur
dans un virage en kart 3 roues et je n’ai jamais retenté l’expérience
depuis. Pourtant aujourd’hui j’avoue que j’ai de plus en plus
envie de courir en 4 sur terre. Je n’ai pas dit mon dernier mot ! FM :
quelques anecdotes sur ces championnats du Monde IFSS à Borken ?
Sur les championnats de France ? Anne : aux
CF j’étais à 4 secondes de Jérôme à la 1ère
manche…. 4 secondes, tu te rends comptes ?!!!! J Jérôme :
aux CF, Anne était à 4 secondes de mon team à la 1ère
manche…. Punaise 4 secondes… L
(Manquerait plus que j’entraine et qu’en plus elle me batte !!!) |
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F-M : Cette saison vous êtes également passés du coté
organisation avec la course de cross-canin de Lamotte-Beuvron, qui il
faut le dire a connu un réel succès, vous pouvez nous raconter un peu
l’évènement et sa genèse ? Anne et Jérôme :
tout est parti d’un coup de fil un soir d’un membre du comité
directeur (et néanmoins ami J) :
« Tiens ça vous dirait pas d’organiser une course Terre chez
vous ? Vous verrez c’est rien du tout ! ». A partir de
là, on s’est mis en tête de créer une manifestation à laquelle les
mushers auraient envie de revenir, et on a mal dormi pendant 2 mois. F-M :
Qu’en avez-vous retiré au niveau expérience ? Y a-t-il dans les
tuyaux un Lamotte-Beuvron II ? Anne : déjà on sait ce qui se trame
maintenant du côté organisation quand on va sur une course (et on apprécie
encore plus de participer en simple concurrents !!). C’est une
super expérience, qui sera a priori renouvelée l’année prochaine
oui, avec plein d’idées déjà en tête. F-M Je ne
vais pas vous embêter plus longtemps, auriez vous quelque chose à
dire, aux mushers, à vos potes, vos dirigeants, vos chiens ……. ? Anne : à
nos chiens, qu’on les aime très très fort et qu’ils resteront près
de nous jusqu’à leur dernier souffle…. A nos potes qu’on les aime
aussi, et qu’ils ne changent pas surtout… Aux mushers licenciés
d’une fédé, quelle qu’elle soit, qu’ils participent aux courses
ou aux randos pour remercier et encourager les efforts des
organisateurs, faire vivre ce sport et le dynamiser encore et encore. A
nos dirigeants, qu’ils fassent tout leur possible pour que le mushing
soit un sport crédible, connu et reconnu. Et enfin à toi Eric, un
grand merci pour nous avoir donné la parole sur FM ! A bientôt,
bises. Jérôme : juste rajouter un merci aux mushers (et amis) qui nous ont fait partagé leurs connaissances : Mika, Geoffrey, Emile, un certain Ludo et les autres, nous sommes des ch’tis mushers à coté, et un grand bravo à notre club (et amis) breton(s) du Keremma pour leur implication, leur dévouement et leur patience !! Le site/blog Internet d'Anne et Jérôme www.annep.skyrock.com Merci, à vous deux,
je crois que c'est l'une des plus intéressante interview de
France-Mushing, vous avez répondu comme vous êtes naturellement et
sympathiquement, sans langue de bois, je suis sur que les afficionados
du site vont beaucoup apprécier. Eric Fievet pour France-Mushing
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