Interview de Thierry BLOCH 


Président de la Fédération Française des Sports de Traîneaux 

 

FranceMushing : Bonjour Thierry, peux tu te présenter pour ceux, si il y en a, qui ne te connaissent pas ? 

Thierry BLOCH :  55 ans, marié à Miriam, père de 2 filles Karine 27 ans et Julie 22 ans, moniteur de Ski Alpin puis depuis 1984, technicien en informatique dans une grosse boite américaine, puis licencié dans des conditions très favorables en juillet 2007. 

 
Si ça c'est pas du collector, mais il attaque le bougre ....

FM : Tu passes pour celui en France, qui est le meilleur technicien, celui qui connaît le mieux notre milieu, les chiens, les courses, ………. quel ton parcours dans le monde du traîneau à chiens ?

TB : 1976 premiers chiens avec un Mala et un Groenlandais ; 1978 premières courses et premier français sur les courses suisses et allemandes bientôt rejoint par Monique Béné et Gilles Malaterre ; 1979 fondation du CPTC avec Miriam dans les Hautes Alpes puis 1ère AG lors de l’exposition de Paris en Juin 1979 avec l’arrivée au Comité de Yannick Belmont, Franco Mannato, Monique Bartolozzi, la vice-présidente du club de race de l’époque la RASCN, Gilles Malaterre, Monique Béné, Pierre-Philippe Oriet.

Une lettre de demande de reconnaissance du sport au niveau du Ministère des Sports écrite à ma seule initiative vers 1982 aboutit en 1984 à l’Agrément Ministériel du CPTC. Lors de l’AG 84, cette initiative m’a été reprochée car porteuse d’une autre affiliation que celle à la SCC ainsi que le projet que j’avais avec Yannick Belmont de mettre en place une structure d’organisation de courses a conduit à ma démission de la présidence du CPTC. L’agrément faisait du CPTC une fédération de fait. Un débat s’est alors installé sur l’adaptation des statuts : une fédération de clubs plutôt que d’individuels a remporté le cocotier mais les statuts ont conservé les notions de 4 races nordiques, disposition qui portera en elle le germe de la formation d’une fédé ouverte à terme puisque les sports en Amérique du nord et Scandinavie étaient bâtis sur ces bases ; 1986 Championnat d’Europe au Fourgs avec l’apparition de quelques attelages d’Alaskans (Attla, Wright).... avec des vrais papiers de Sib. Prise de conscience de la nécessité d’ouvrir la FFPTC en commun accord avec la RASCN qui promouvrait les classements des races nordiques. Accord à l’AG de printemps, refus de l’AGE de Novembre qui devait entériner la modification des statuts. Fondation de la FFTP pour couvrir l’organisation des courses des clubs de montagne sur des bases ouvertes, puis radiation à vie de la FFPTC avec une charrette constituée de Dominique Grandjean, Bernard Pepin et quelques autres (Yannick Belmont, Michel Devernay pour 5 ans)

La FFTP se renforce doucement, intègre la FF de Cross-Canins pour devenir la FFST, pose le diplôme pro (BFES), obtient l’Agrément puis la Délégation pour les sports de traineau, de ski-pulka et de cross-canins.

Ensuite membre du comité de la FFST jusqu’en 2001, puis depuis 2006.

D’un point de vue sportif, je m’alignais avec un attelage de Groenlandais  en 5 chiens puis en 3 chiens lorsque cette catégorie a été créée en étant devant les Sib régulièrement jusqu’en 1983/84, puis débourrage des jeunes Sib de Jacques Philip dans un attelage mixte alors qu’il courrait sa 1ère Iditarod. 
Un accident en juillet 1985 aux conséquences sévères m’a incité à modifier complètement l’approche sportive de la famille. Voyage de 6 semaines en Idaho auprès de Terry Martin et retour avec 12 alaskans dont 5 pour des amis ; de par les contacts avec Jim Welch pour la traduction de son livre, acquisition de 4 chiens. Passation de « pouvoir » progressif vers Karine après un titre de Champion de France en 1993 et vice-champion de France en 1994  (derrière Bertrand Lenoir qui avait remporté le Championnat d’Europe et le LNAC à Fairbanks en 6 chiens). Karine, après un hiver chez Jan Swenson en Suède, qui oriente notre chenil vers les Sandinavian Hound et la démarche suédoise, obtient régulièrement des résultats exceptionnels comme vice Championne d’Europe Junior derrière Sigurd Erdal-Haase ou … Buddy Streeper à la fin des années 1990, une 2ème place au Championnat d’Amérique du Nord à Fairbanks en 2001, 1ère Championne du Monde Junior en 6 chiens en 2000, 7ème au Championnat d’Europe 2001 malchanceuse en 1ère manche et avec un 3ème temps sur les 2 dernières manches et quelques années où elle a remporté pratiquement toutes les courses françaises. Devant laisser un peu la course pour ses formations, après une dernière saison un peu complète avec un attelage principalement entraîné par sa petite sœur suivi d’un hiver chez Jacques et Magali Philip, elle reviendra sur le circuit obtenir le titre de Championne de France en 6 chiens en 2007 en menant l’attelage de Sylvain Flachaire , alors indisponible professionnellement.

Quant à Julie, avec une 3ème place au Championnat de France en 4 chiens au Grand Bornand en 2003, une année passée chez Christian et Maryse Taveau en Alaska où elle obtient, comme sa sœur aînée, une 2ème place aux championnat d’Amérique du nord en 4 chiens à Fairbanks en 2006 ainsi qu’ une 3ème place puis une 1ère place en 2005 et 2 fois 2eme à Todtmoos en 2008 et 2009. Elle monte en puissance depuis ces 2 dernières saisons avec une 4ème place au Championnat d’Europe 6 chiens en Suède en 2008 (à quelques secondes du podium), une victoire à Lenk .Cette année une saison vraiment excellente ponctuée par le titre de Championne de France en 6 chiens, cinq victoires et trois 2ème places. 

 

FM : Depuis un certain temps, tu ne cours plus ou de manière très épisodique, par contre tes filles, d’abord Karine puis maintenant Julie, comme nous l'avons vu, dans la précédente réponse, courent et gagnent, comment vis tu cette relève, cette vie de compétiteur par « procuration », es tu le coach, le co-entraîneur, le handler ou tout à la fois ou encore juste le papa, qui apprécie en connaisseur ??

TB : J’ai toujours tenu à ce qu’à partir du moment où elles courent, elles prennent aussi en charge une partie de la gestion du chenil et de l’entraînement dès qu’elles ont eu une maturité et la force suffisantes. Je me pose donc en tant que coach et handler, en leur laissant pas mal d’autonomie dans leur stratégie et initiatives tout en essayant de recadrer par un « Ne crois-tu pas qu’il faudrait mieux …. » lorsqu’il me semble que cela part un peu de travers. Mais je ne dois pas intervenir souvent à ce niveau.

 

FM : En juin 2008, tu accèdes à la présidence de la FFST par intérim suite à la démission de Fred BORGEY, et en  novembre tu deviens, à la suite d’une AG extraordinaire, Le Président de la fédération délégataire, visais tu ce poste ou bien y as tu été, faute d’autres volontaires et parce qu’il fallait sauver la fédération ? 

TB : La dernière fois que j’ai été président de la structure nationale, c’était en …1984. Dès 1985, la récupération de mes aptitudes physiques, puis du meilleur niveau sportif national en traîneau, puis de mon niveau en ski, ont pas mal occupé la famille et ont constitué des objectifs impérieux. Par contre, j’étais assez impliqué comme responsable traîneau au sein de la fédé. Après un break entre 2001 et 2006, lors duquel je me suis consacré au Traîneau Dauphinois puis à la Ligue Rhône-Alpes, j’ai été incité par Fred (ndlr : fred c’est Fred Borgey, ex président de le FFST) à revenir … aux affaires. Peut-être avait-il une idée derrière la tête. En tout cas, je n’ai jamais eu comme objectif l’idée de reprendre ce poste éminemment exposé.

Je ne pense pas que la FFST était à sauver à la fin de la saison l’année 2008. Après quelques années où un certain dirigisme a été reproché à Fred, il a laissé la bride sur le cou aux élus de la fédé. On a pu à cette période se sentir un peu sans directives et cela a été ressenti comme si on était un radeau à la dérive. Les coups incessants portés par nos "amis", l’érosion de notre périmètre de délégation ainsi que l’interprétation qui en a été faite par les mêmes "amis" ont  mis une chape de plomb sur la communication et les résultats de la FFST. 

Néanmoins en 2007, lors d’une saison à l’enneigement catastrophique, la FFST a maintenu de nombreuses courses et ses 2 championnats de France Neige. En 2008, un bilan également positif. Et je passe sur le BFES, sa refonte en DEJEPS ainsi que d’autres résultats à mettre à l’actif de la FFST. Pendant ce temps, aucune réaction quant à l’absence de course sur le circuit FFPTC en 2007, peu en 2008, pas de  Championnat National Sprint pendant ces 2 années et j’en passe aussi.

Nous avons très mal vécu cette différence de traitement et le manque d’objectivité du milieu envers notre action.

Fort de ces observations et de leurs conséquences possibles, je me voyais mal sacrifier 30 ans d'investissement (qui furent aussi 30 années d'investissement de notre vie familiale), pour risquer éventuellement de ne plus pouvoir courir avec le type de chiens que l’on veut en France. Et puis avec le recul et la bouteille, c’est assez intéressant et amusant.

 

FM : Depuis cette prise de poste, as tu fais un état des lieux, à la FFST et du mushing francais en général ? et ça donne quoi ? 

TB : Le sport, qui n’est pas bon marché, subit la crise et les disponibilités financières et professionnelles des pratiquants. D’où le renforcement des courses de plusieurs jours pour limiter les déplacements et faciliter la gestion des congés maintenant que les RTT deviennent de plus en plus une chimère. Il convient aussi de marteler que ce n’est plus le nombre de coureurs à une course qui fait sa qualité puisque le standard en matière de courses de week-end tourne désormais autour de 30 à 45 participants. Les éditions 2009 ont prouvé cette vérité.

La dichotomie du sport entre la fédé fermée et ouverte devient ridicule, contre-productive en mobilisant le double de bénévoles, de bonnes volontés pour effectuer le boulot en double aussi. On pourrait espérer la même « intelligence » (au sens propre de travailler avec) au niveau du canicross  tant les règlements techniques, administratifs ont des parties communes.

Maintenant, les Alaskans, les Alaskans scandinaves et les dérivés braques ou pointers dans le monde du traîneau sont une réalité incontournable avec une légitimité historique au moins aussi ancrée, pour certains d’entre eux, que les 4 races « officielles »  de traîneau  de la FCI.
 Ils constituent 85 à 90 % du sport mondial ainsi que la plupart des attelages qui font rêver les amateurs que ce soit Nicolas Vannier ou ceux des grandes courses mythiques de sprint ou de distance. Cela est un fait incontournable et irréversible quelque soit le discours servi à des pratiquants qui accèdent au sport par la voie royale en Europe que nous avons presque tous suivi, et qui est « de débuter avec des nordiques ».  Perdurer dans cette voie n’en est pas moins respectable à condition de respecter aussi les autres axes de pratiques que ce soit la rando ou la distance, si on est axé sprint, les attelages ouverts, si on est Pure-race, les attelages sport, si on est raid ou pro.

Je finirai avec l’immense satisfaction de la filière pro avec un métier de moins en moins saisonnier pour 120 personnes qui ont du battre des records de chiffre d’affaire cette saison si j’en juge par l’activité observée sur les sites. La refonte vers le DEJEPS est bien sur les rails avec une vingtaine de stagiaires dont certains seront diplômés en fin de saison et constitueront, sauf erreur de ma part, les premiers DEJEPS en France. Je remercie à cette occasion tous les protagonistes qui se sont impliqués dans l’EFM, l’Ecole Française de Mushing et d’attelages canins. 

 

FM : Quelles orientations, voudrais tu donner à la FFST, comme par exemple, redorer le blason des courses hors-neige ? peux t’on espérer, revoir un vrai calendrier terre, comme avant 2000, peut être en aidant les clubs volontaires pour organiser ? 

TB : Pour qu’un axe d’activité soit vivace, il faut quelques locomotives qui entraînent un élan. En matière de hors-neige, nous avons des attelages, qui subissent eux aussi les conditions économiques et le peu d’organisations. Il y a eu en son temps Philippe Desmet (*) et on a du mal à retrouver un leader charismatique qui tirera cet aspect de notre discipline. Néanmoins, le Championnat de France Hors Neige à Carhaix avec la formidable équipe de Kerema a été un grand succès sur tous les plans et nous avons d’ores et déjà un site pour les titres 2010 (décernés en fin d’automne 2009) avec Pinatel dans le Cantal autour de l’ATCB et Antoine Lemoine. Je vois des organisations qui se mettent en place également et l’aide de la Fédé sera constante.

On peut constater que la FFPTC est assez performante sur cet axe et la logique voudrait qu’on puisse les rejoindre et les renforcer sur leurs manifestations mais  il est des résistances irréductibles édictées au sommet de cette docte association à moins que les clubs ne se décident enfin à les bousculer, comme cela à déjà commencé de manière assez discrète pour l’instant. 

 * Ph Desmet, fut longtemps le moteur des courses hors-neige, entraînant dans son sillage tous les clubs du Nord de la France issus pour la plupart de de l'ex-FFCC (fédération francaise de cross-canin) qui unie à la FFTP à donné la FFST (voir plus haut) Philippe sera très dur à remplacé. Jusque vers 2002, c'était une bonne douzaine de courses terre au calendrier. Et en plus sur ces courses il y avait une super ambiance, de Paucourt, à Geugnon, Prénovel, toutes les courses du Nord, et les bretons  ................. nostalgie, nostalgie


Th. Bloch à Autrans, et celle là n'est pas vieille .............. il attaque toujours !!

FM : la FFST a parfois une image de fédération « élitiste » au sens sportif du terme, ce qui n’est pas péjoratif, est il envisager de faire revenir ou venir les gens plus axés sur une pratique plus sport-loisir ? 

TB : J’ai vraiment été bluffé par la qualité technique, d’approche, de l’esprit et du comportement de l’ensemble des participants aux courses de la fédé délégataire cette année. Le niveau global y est exceptionnel, l’approche technique très propre, les soins et l’attention portés aux chiens d’un niveau élevé sur l’ensemble du classement pratiquement du premier au dernier.  Ce sont là des constantes qui doivent aussi irriguer le sport-loisir. Les pratiquants sport-loisir (et ce n’est pas non plus péjoratif) en venant sur les courses régulièrement ou plus épisodiquement profitent de cet exemple et l’applique pour eux même lors de leur pratique plus … solitaire.
Il est vrai que le niveau de performance des top-gun y est très élevé aussi. Régulièrement plus de 30 km/h de moyenne, 33 km/h sur des pistes dures au profil adéquat, plus de 25 km/h en mid, des pointes instantanées de l’ordre de 43 km/h, tout cela vérifié au GPS, constituent des performances qui peuvent être considérées d’un autre monde et inaccessibles. Néanmoins, l’attitude de ces performers vis-à-vis de ceux pour qui ces chiffres peuvent être considérés comme ridicules ou dérisoires est essentielle dans la cohésion du milieu. Toute approche est respectable et il convient de ne pas prendre de haut  ceux que cet aspect n’intéresse pas. Il me semble que cet état d’esprit a été effectif et l’ambiance entre les différentes approches sur les courses m’a semblé excellente avec un net effet de « tirage vers le haut » du niveau technique et la propreté de l’approche sportive.

Le milieu se resserre en termes de pratiquants et il convient effectivement que tout le monde trouve son compte dans les organisations. D’ailleurs la reconduction du nombre de coureurs à quelques dizaines facilitent cette souplesse et il a été courant cette année de laisser des heures de départ disponibles pour permettre aux attelages numéro 2, de retraités ou de jeunes de faire un parcours chronométré ou bien d’aménager les listes pour permettre des départ dans plusieurs catégories du même coureur. Ces facilités sont plus difficiles à mettre en œuvre sur les courses de 100 attelages.
Il y a une grosse poussée d’un pole randonnée et assez bizarrement, un pole randonnée « hors neige ».
On voit donc, et exclusivement du coté FFPTC, des organisations de randonnées structurées même si on pouvait croire que les randonneurs, par définition, trouve leur plénitude en dehors des organisations.
Est-ce que la FFST doit mettre en place un pole randonnée (encore faudrait-il qu’il y ait des locomotives sur cet axe) pour s’investir dans un produit concurrentiel à ce qui est déjà produit par des clubs ou groupes de pratiquants FFPTC ?
Ne doit-on pas plutôt tenter l’amalgame et essayer que les randonneurs FFST puissent rejoindre ces organisations déjà établies ? 

Je laisse à chacun le soin de répondre.

 

FM : Ca c’est la question que beaucoup se posent, as tu pris ou tenté de prendre des contacts avec la FFPTC, pour parler rapprochement ? et puis bien sur, je pense à cette course de Cuvery, où sous l’impulsion d’Eric Leclercq, en accueillant la FFPTC vous avez sauvé leur championnat national ? Franco Mannato vous a t’il remercier en personne pour ce geste ?

 

TB : J’ai écrit une lettre ouverte et visible sur www.ffstraineau.com au président Mannato dès l’annonce de la reconduction de la délégation pour 4 ans jusqu’à fin décembre 2012 pour :

-         lui annoncer cette importante nouvelle

-         reconnaître en sa structure un acteur historique et important du paysage français de nos sports

-         convenir d’une réunion pour étudier la manière dont nous allions appréhender ces 4 années sous délégation FFST

-         lui rappeler que si la plupart des coureurs de haut-niveau et les organisations de la FFPTC respectaient les prérogatives données à la fédé délégataire en matière de titres et d’Équipe de France, j’avais remarqué quelques rares cas qui les enfreignaient.

-         lui souhaiter ainsi qu’à son Comité et ses bénévoles les meilleurs vœux de succès pour la FFPTC

Je n’ai reçu aucune réponse ni retour à mes vœux, qui étaient sincères, et il me semble que le délai de rigueur pour les personnes sensibles aux usages et aux bonnes relations est  fixé au 31 janvier !

Je doute donc qu’Eric Leclercq ait reçu des remerciements pour avoir effectivement sauvé le Championnat national Sprint de la FFPTC qui aurait alors eu une probable 3ème saison sans. 

A l’inverse, la rumeur d’un bulletin de santé très alarmant sur l’état de la FFST divulgué par Franco me parvient régulièrement, relayé également par la FSLC.

Il est vrai qu’avec la délégation, la formation DEJEPS dispensée par l’EFM, plus de 100 attelages au Championnat de France, 2 champions du Monde, 1 vice champion du Monde et un 3ème au même Championnat du Monde en illimitée en plus, de remarquables résultats aux championnat d’Europe Pure-race, des attelages sur la LGO et les courses mythiques de longue distance en Scandinavie une excellente saison, un excellent niveau global, une excellente ambiance, .... je vais de ce pas consulter pour la prochaine dissolution de la FFST ;-) . Je plaisante bien sur et tout n’est pas rose. 

Quant à parler de dissolution, je suis bien plus alarmé par l’action en cours, suite aux déboires de l’organisation du Championnat National au Semnoz. Le CMB, qui est un club parmi les plus importants en France avec 40 licenciés, qui est historique, organisateur de plusieurs courses majeures (Mieussy, Méaudre, Le Semnoz en son temps) risque de passer de vie à trépas. En termes de management des sports en France, cela me parait grave.

 

FM: Lors de la reconduction de la délégation, le ministère n'a plu retenu que les disciplines neige, sais tu pourquoi ? de ce fait un licencié d'une autre structure gagnant sur terre, le championnat national de sa fédé, peut il se proclamer champion de France, canicross par exemple?

TB: Les termes exacts de la délégation reconduite pour 4 ans jusqu'au 31 décembre 2012 sont "Sports de traîneau" sans faire aucune allusion à une saisonnalité quelconque. Il est clair et non contesté que les attelages de 4, 6 ,8 chiens et illimité à des engins sur roues ainsi que les VTT-Joering sont des directes émanations des catégories déclinées sur neige et des techniques sportives qui nous échoient. D'ailleurs, ces disciplines, si elles ne sont pas pratiquées en compétition par tous nos licenciés, elles le sont à un moment ou à un autre par l'ensemble de nos pratiquants actifs dans les périodes d'entraînement à l'automne et en période de dés-entraînement au printemps.
Seul le Canicross est effectivement exclu des 2 derniers arrêtés de délégation. J'en ignore les raisons puisqu'à aucun moment, nous n'avons été consultés dans cette réduction du périmètre des disciplines dont nous avions la responsabilité. En recoupant un peu les informations ça et là, et entre autre en consultant une réponse du gouvernement à une question posée à ce sujet à l’Assemblée Nationale en 2007, il s’avèrerait que « l'administration souhaite approfondir les conditions d'organisation de cette discipline » tout en réaffirmant que le MSJS « s'attache à favoriser le regroupement au sein d'une même fédération délégataire des disciplines présentant des liens étroits », les mentions entre guillemets étant des extraits texto de la réponse du gouvernement.
En attendant, il ne peut y avoir ni Championnat d’Europe, du Monde, de France ni d’Equipe de France en Canicross sur le territoire.

FM: L’échec du GSN et le reconstruction de la FAC en plus moderne et performant par le FSLC, que cela t'inspire t'il, as tu pris des contacts avec eux ? ne penses tu pas que le succès de la FSLC pour le canicross, sois le résultat d'un esprit plus soft sur la pratique pour tous? et que les courses d'un jour soient le succès pour les courses mono chien (y compris le skijo), plus proches en ce sens des courses pédestres sur route, courses cyclistes ou de ski de fond?

TB: Ton analyse de l’historique de la tentative de fonder un GSN-canicross au sein de la FFST et la constitution de la FLSC me semble pertinente et j’y adhère.
La FLSC s’est donc construite sur des décombres encore fumants d’un projet qui était dans l’axe de la stratégie du MSJS, encore d’actualité d’ailleurs, concernant les disciplines à petit effectif. Sans doute, qu’une partie du milieu Canicross n’avait pas digéré ce schéma administratif, d’autres ont profité de l’occasion pour renouveler les dirigeants de l’ancienne FAC; et entre la passion, souvent exacerbée, qui anime notre monde, une discipline qui a effectivement une culture, un historique ainsi que des modèles issus du monde des courses à pied, une énergie « nouvelle » a permis la fondation de la FLSC et son développement certain. Je reconnais cela, cet élan, qui, s’il est réel n’en est pas moins souvent exagéré dans les rapports qu’en font ses dirigeants, ainsi que son tissu de clubs et de manifestations.
Je constate, qu’en sens inverse, il n’y a pas de réciproque à notre encontre, de cette reconnaissance des points positifs de la FLSC que j’exprime dès que l’occasion se présente.
Je ne peux pas croire les bulletins de santé distillés à notre égard faisant état d’une mort apparente, d’un état de coma quasi dépassé. Ce fantasme est d’ailleurs partagé et abondamment diffusé par la FFPTC également. 
La FFST ne revendique aucunement le Canicross , le Ski/VVT-Joering lui fait partie des disciplines des Sports de Traineau pour lesquels la délégation nous a été octroyée. Elle essaie de constituer une synergie pour suivre les recommandations du MSJS pour le regroupement des disciplines présentant des points communs évidents. Cette synergie est pleine de sens, et cela vaut pour la FFPTC également. Les contraintes liées à l’Agrèement et à la Délégation sont importantes et imposent un travail colossal. Personne ne le sait, mais les textes à adapter en matière de lutte pour le dopage ou de règlement médical, par exemple, sont les mêmes que ceux imposés à la Fédération Française de Cyclisme. Impossible de faire une version simplifiée ; plusieurs centaines de pages à adapter puis à adopter. Nous avons fait ce travail, la FFPTC a du probablement le faire également si elle veut conserver son Agrément. De notre coté, cela a mobilisé 2 personnes pendant plusieurs mois à éplucher des textes vraiment fastidieux et c….ts. Ces doublons, voire triplons si on suit la volonté claire de la FSLC de faire son chemin toute seule est ridicule, consommatrice de temps, d’énergie et conduit à des textes qu’il faudra sans doute un jour réaligner. La FFST est toujours ouverte à une nécessité d’une vision et d’une gestion globale de ce qui peut être géré globalement. Je crois que les dirigeants de la FSLC étaient atteint de « Borgeytite » aiguë et il semblait impossible que le dossier, évolue sous sa juridiction ; Fred n’est plus aux commandes de la FFST et je n’ai pas plus de contacts de la part de la FSLC hormis les rumeurs qu’elle divulgue sur notre mort prochaine y compris à des partenaires communs !
Pour ce qui est des courses de Canicross ou de Ski-Joering en un jour, nous avons suffisamment de souplesse pour les avoir organisées. Il y a des protagonistes pour chacun des modèles et les clubs sont libres les proposer. Je ne vois aucune unanimité dans un sens ou dans l’autre.


FM: Concernant la communication, et même si toi au travers des différents forums, tu t'exprimes beaucoup, que tes connaissances te permettent d'intervenir sur l'ensemble des sujets, le site Internet rame et les gens sont en mal d'infos par ce biais. De fait souvent France-mushing est appelé à la rescousse pour diffuser de l'info plus vite. Pourtant gérer le site fédéral ou un site du même type ne prend annonces comprises (qu'il n'y a plus) qu'environ 1h à 1h30 par semaine ? des évolutions à venir dans ce domaine ?

TB: Je m’inscris en faux quand tu dis que le site www.ffstraineau.com rame et que les gens sont en mal d’infos. Il a été un vecteur régulier et permanent d’infos officielles, moins officielles, d’info et résultats de courses, de protocole d’inscriptions, de mise en valeur de nos coureurs dans le monde entier etc. Il faut avancer des chiffres tangibles pour appuyer ce genre d’informations. J’y vois :
3 mise en ligne en aout ; 4 en septembre ; 8 en octobre ; 9 en novembre ; 5 en décembre ; 14 en janvier ; 12 en février et 4 en mars (nous sommes le 8 mars) 
J’y vois aussi des liens qui renvoient sur des explications plus conséquentes, des renforts sur des blogs des organisateurs (Championnat de France saison hors-neige, Alpirush) et enfin des renforts sur un forum qui me parait devenir essentiel de par sa diversité, son esprit et son administration qui prend bien garde de ne pas se faire entraîner dans des méandres dont il est difficile de sortir. (à savoir Will to Go). Je ne vois aucune structure de nos disciplines (traîneau, ski-jo, Vtt-Jo, canciross) qui a communiqué comme la FFST.
On peut rétorquer que l’architecture n’est pas du dernier cri, ni sa facilité de mise à jour. Les conséquences en sont, sans doute, le temps nécessaire à consacrer pour le maintenir et j’en remercie Denis Chéoux pour cette charge en plus de ses impératifs professionnels et familiaux qui peuvent être plus lourds à certains tournants de l’existence.
Pour les petites annonces, et pour l’avoir expérimenté quand je me suis proposé d’alléger le travail de Denis sur ce chapitre, cela est vraiment un pensum : entre les photos de plusieurs mégas, celles qu’il faut retailler car l’objet à vendre est au 3ème arrière-plan,, les mises en page à reprendre de A à Z, les annonces systématiques de portées d’éleveurs patentés, souvent pas impliqués dans nos sports, qui profitent de la gratuité des PA, cela est un véritable sacerdoce(1*)
En dernier lieu, le cursus de diffusion des communiqués officiels FFST a toujours suivi le canal suivant : validation par le Comité et diffusion au Comité directeur, puis présidents de club, puis ffstraineau.com et ensuite les éventuels forums. Si les 2 dernières étapes ont pu paraître inversées temps en temps, ce n’est que l’effet de la réactivité plus immédiate d’une mise en ligne « forum ». Un projet de re-fondation de notre site est en cours, un développeur est au travail et un webmaster identifié déjà au sein du comité.
Quant aux projets, l’AG a effectivement analysé que le Traineau, Pulka et Cross-Canins Magazine était le vecteur d’un esprit, d’une culture, d’informations et d’archivages qui nous ont fait défaut depuis la cessation de cette parution faute de nouveaux rédacteurs et de finances. D’une part, l’intégralité des TPM puis TPCCM est scannée sous une forme électronique et nous réfléchissons à un mode de diffusion adapté de cette manne quasi historique, nous allons reprendre l’édition de ce magazine ainsi que de quelques ouvrages d’intérêts techniques(2*).

1*,NDLR, je confirme, que nombre d'annonces reçues, par France-Mushing, sont mal libellée, il faut aller récupérer l'email dans les propriétés du message, les photos pèsent 1mo voire plus il faut retailler et recadrer, et ce que Th Bloch ne dit pas, mais qui est fréquent pour france-mushing, c'est le libellé des annonces, comme si c'était un du, une annonce payante, alors que france-mushing comme les sites fédéraux ne sont gérés que par des bénévoles, alors parfois penser un peu à eux, et un petit merci ..............

2*NDLR, là si tous les TPCCM, sont mis en ligne, quelque part c'est une mine d'or pour tous les mushers;, d'ailleurs si quelqu'un vend une collection complète je suis acheteur, car au-delà d'un esprit, cité dans la réponse de Th Bloch, il y avait de quoi lire et  de quoi apprendre.

FM : Tiens une étoile filante ! Quel est ton souhait immédiat au niveau de nos sports ?
TB : Ah ! oui, elle est belle ! Ce n’est pourtant pas la saison ! C’est un signe . Disons que je souhaite vraiment un regroupement des forces vives portées par des personnes tolérantes et respectueuses des différentes facettes de nos pratiques pour tourner une page et soutenir l’organisation de ces sports très prisés du public. 


Merci Thierry et merci à tous ceux qui adhèreront et aideront à la réalisation de ce souhait.

Interview réalisée par E.FIEVET pour le site www.france-mushing.com , entre le  4 et 10 mars 2009.

retour page News