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WERFENWENG, championnat F.I.S.T.C
 
Compte rendu , écrit par Philippe Cochet, handler de Charles Cochet, ski-jöerer aux mondiaux de course de chiens de traîneau, F.I.S.T.C à Werfenweng (Autriche) Les 12, 13 et 14 février 2009 s’est déroulé dans la petite station de Werfenweng, le Championnat Mondial F.I.S.T.C. de course de chiens (nordiques) de traîneaux.24 mushers, sélectionnés par Roland Cabanski, représentaient l’équipe française de la F.F.P.T.C.Werfenweng est une charmante station de sports d’hiver, située dans le Tyrol autrichien, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Salzburg. La stake out est installée en bordure du village, dans une vaste aire de loisirs entourée des hautes montagnes. La neige est bien présente, elle le sera durant tout le championnat.
- A partir du jeudi, retrait du dossier musher, puis passage des chiens devant l’équipe vétérinaire du Docteur Arno ROOS ; chaque chien sera très soigneusement examiné. Le soir, cérémonie d’ouverture du Championnat : manifestation grandiose avec l’accueil des délégations, défilée aux flambeaux, drapeau en tête, discours de bienvenue des autorités, Monsieur le Maire de Werfenweng, Monsieur le Ministre de la région de Salzburg, Monsieur le Président de la F.I.S.T.C., puis feu d’artifice avec spectacle. - Le vendredi : la météo du matin est à tendance neigeuse. Une accalmie s’opérera vers midi. Dès 9H30 ont lieu les premiers départs.
 
La catégorie ski-jöering ouvre la piste. Notre jeune représentant, Charles Cochet, le plus jeune musher de l’équipe française, et son husky Vladimir, partent en quatrième position. Un départ avec la rage de courir et de gagner, comme d’habitude. Devant eux, deux Slovaques et un Tchèque, qu’il a déjà rencontrés l’année précédente, à DONOVALY. La longueur du parcours est de 15,1 Km : les deux premiers kilomètres sont pour se mettre en jambe, puis la partie que tous les mushers redoutent : une « ballade en forêt » ; une côte de 2 Km environ, un dénivelé de 330 mètres : 12% de dénivelé, si on en croit les techniciens du sport, avec leurs GPS, leurs chronos, leurs calculs d’équations à trois inconnues. Malgré tout cela, le seul moyen de réussir : pousser.
Charles est un habitué de la course en côtes : au Club de Ski de Fond du GRAND BORNAND, c’est une des activités préférées de ses entraîneurs, Joël et Yann qui ont déjà formé certains champions.
Les premiers ski-jöerers ne sont pas encore arrivés, que déjà les pulkaïstes puis les grands attelages sont sur la piste. L’organisation de la course est parfaite, pas de risque de débordements du public au départ ni à l’arrivée : les spectateurs, tous obligatoirement munis de tickets, sont canalisés derrière une double rangée de filets et de barrières métalliques. Donc impossible de passer librement des départs aux arrivées. Dommage, car les supporters français habituellement très actifs lors des championnats n’ont pu remplir pleinement leur tâche.
Enfin les premières arrivées : 50 minutes exactement pour le premier ski-jöerer : il s’agit du slovaque Jan MLYNAR, puis du tchèque Jilji KRKOSKA, enfin en troisième position, Charles Cochet. Une bonne surprise, car il était cinquième l’an passé ; cadet de 14 ans face aux solides champions des pays de l’Est. Ensuite arriveront, mélangés avec les derniers ski-jöerers, les pulka, sept concurrents sur le départ, si cette discipline périclite en France, on constate avec plaisir qu’elle perdure tant dans les pays nordiques que les pays de l’est.

En catégorie O, la France est représentée par Patrick LOGEAIS et Jean COMBAZARD, qui se classeront respectivement 2ème et 3ème ce premier jour, suivis de Jean-Claude VALETTE, en cinquième position.
En catégorie A, Michel LABOURÉ se classe 2ème, Yannick WEBER 6ème, et Daniel FOULON 8ème.
En B1 : 22 participants. 2 participants de poids représentent la France : Pascal GERARD, et Ludovic AUVRAY ; ce premier jour, Pascal se classera 3ème ; Ludovic, quant à lui se classera 8ème. Dans le contexte, c’est normal, le niveau est élevé.
En B2 : 4 partants dont 3 français. A l’arrivée et en première position, l’incontournable Bernd SAUERHOEFER habitué de la plus haute marche depuis 24 années consécutives– Suivi par Alain DIFFORT qui réussira à ne prendre que 4m 22 s ce qui est déjà un exploit remarquable. Deux autres incontournables et non moins valeureuses : Nathalie MANNATO, et Agnès COINTE. Les organisateurs avaient décidé de faire une petite coupure après les départs de cette catégorie. Juste le temps d’effectuer un damage des pistes, et surtout de permettre aux commerces d’alimentation de tourner à plein régime. Car ce championnat était aussi une affaire commerciale très appréciée du public, 25 000 spectateurs par jour . Ceci nous a permis d’apprécier les spécialités locales : les bretzels, les saucisses blanches, les spätzles au fromage, les beignets, les gâteaux à la crème, et la bière au litre.
En C1, 32 participants : La France est très bien représentée : Notre champion national terre et neige d’abord, en la personne de Christophe CHEVALLEY : c’est un habitué des championnats, mais le dénivelé de la piste n’est pas pour l’avantager ; Raphaël VERDY, quant à lui, a quitté la catégorie B, car un de ses chiens était trop jeune pour pouvoir courir en championnat ; et puis Loïc MARCHAL, qui vient de faire une brillante saison. Résultats de cette première journée : Christophe se classe 7ème, suivi de Raphaël 9ème. Tous les espoirs leur sont permis pour les jours suivants. Loïc quant à lui avoue avoir souffert de profil quelque peu vertigineux de la piste, il se classera 14ème.
En C2, nous retrouvons 2 habitués des podiums de championnats : Jean-Paul TREDEZ, et Jean-Claude CAILLIBOT, respectivement 1er et 3ème au dernier championnat d’Europe terre F.I.S.T.C. Ils arriveront respectivement 4ème et 5ème.
Ensuite, les D1 sont au départ : Jean-Baptiste LABOURÉ ouvre les départs. Derrière lui suivront, Marc JOGUET et Benoît CHAMBION, et Romain LOGEAIS, junior, dont c’est la première participation. Les résultats sont brillants : Jean-Baptiste arrive en premier, suivi en 4ème position par Romain. Derrière, Benoît est 7ème et Marc 9ème.Tous en sont heureux, et nous avec eux.
Enfin, avec les D2, nous attendons de bons classements : nous ne serons pas déçus : Marc BROCARD en tête, Laurent BLOT Jean-Michel HOOG dans un mouchoir de poche y compris avec le champion slovaque Jaroslav BANOCI, quatre coureurs dans la même minute cela laisse présager uns suite passionnante. Thierry BECK, privé d’un de ses meilleurs groenlandais, pour cause de santé, se classera 7ème.
Le samedi, les conditions sibériennes créeront des difficultés supplémentaires;
En Skijo: Charles partant 3eme perdra de précieuses secondes, et au total du temps sera quatrième à 5 secondes du Slovaque MARCEL MATANIN, tout est jouable et se disputera lors de la dernière manche du
dimanche.

En O le classement ne changera pas le deuxième jour, malgré une remonté de JEAN COMBAZARD qui reprendra une minute à son compatriote et néanmoins adversaire, il est notable de constater qu’il fera la piste dans un temps inférieur de 6mn 27 s de la veille. Les O ont tous fait la piste plus rapidement que la veille à l’inverse de toutes les autres catégories.
En A, Michel Labouré régressera de deux places, son chien de tête victime d’un gonflement d’estomac très bien soigné en urgence par ARNO ROSS accusera le coup le samedi et ne pourra donner la pleine mesure de ses moyens. Daniel Foulon stable à la huitième
place.
En B1 PASCAL GERARD, son entraînement intensif de coureur à pied lui fait gagner une place, 2ème le samedi, tous les espoirs sont permis pour le podium, LUDOVIC AUVRAY conserve sa 7ème
place.
En B2 le classement ne change pas, ALAIN DIFFORT réussit à réduire l’écart avec le champion Allemand. Un petit souci pour AGNES COINTRE, les Autrichiens, dans un souci de perfection re-damèrent la piste et firent peur aux
groenlandais.
En C1 CHRISTOPHE CHEVALLEY gagne une place, 6ème, le podium se rapproche, RAPHAEL VERDY 10ème et LOIC MARCHAL reste à la 14ème
place.
En C2 nos Français sont très constant, JEAN-PAUL CAILLEBOT rattrapera JEAN-CLAUDE TREDEZ, ce dernier a croisé des chevreuils dans la grande montée de la foret, on imagine la réaction des solides groenlandais retrouvant leur instinct de
chasseur.
En D1 JEAN-BAPTISTE LABOURE conforte sa première place de 37 secondes supplémentaires. La très bonne surprise vient du junior ROMAIN LOGEAIS 3ème à l’issue de la deuxième manche. BENOIT CHAMBION et MARC JOGUET respectivement 7ème et 8ème en milieu de
tableau.
En D2 on a toujours le même quatuor devant, mais dans un ordre différent, le Slovaque BANOCI, JEAN-MICHEL HOOG et ses Malamutes, LAURENT BLOT et MARC BROCCARD, quatre coureurs dans un mouchoir de poche, 23 secondes après deux épreuves de 10,6 KM, cela promet pour le lendemain. THIERRY BECK, toujours constant conserve sa 8ème
place.
Briefing du sélectionneur le samedi soir: « attention la coupe des nations est encore jouable ! Nous sommes en concurrence avec les allemands, nous sommes actuellement deuxième à quelque points, si tous gardent leur place et quelques uns en grattent quelques une ; on est bon pour la plus haute marche ». Le dimanche, jour de vérité, troisième et dernier jour de compétition, les organismes ne sont guère habitués à cela, peut-être des bouleversement dans le classement le soleil est au rendez-vous ; pour la première fois l’on peut voir la grande vallée avec son redoutable faux plat
montant.

Dimanche 9H30 premier départ des ski-jo, toutes les minute, Charles part quatrième, il a 5 secondes à rattraper pour réussir le podium, on espère tous, son chien Vladimir donne le maximum, il est parti bien plus vite que son prédécesseur, s’il le rattrape et le colle, c’est bon. On verra arriver en tête le Tchèque Krkoska qui signera le meilleur temps des trois épreuves_____ de suite Jan Milner qui garde au cumul des temps sa première place ; Charles arrive enfin, 3ème Matanin rattrapé dans la cote a jeté l’éponge, 1ère médaille pour la France, de bronze mais à quatorze ans, face à des adversaires aguerries, il y a de quoi se réjouir.
Les pulkaiste garderont le même classement, Restreter, le champion de ski-jo à Donovaly se classe 3ème, quel plaisir de voir une discipline renaître.
Ensuite les grands attelages : les O, deux français « podiumables » Patrick Logeais et Jean Combazard, Jean Claude Valette est sixième, le classement sera sans surprise, les organisateurs ont eu la sagesse de décaler les départs car la veille Jean s’était retrouvé au coude à coude avec un pulkaiste et la cohabitation des deux attelages s’était avérée
difficile.
En catégorie A Michel Labouré, ramènera la 4ème place, mais surtout il ramènera son chien de tête qui sans la compétence et l’intervention immédiate des vétérinaires aurait pu laisser sa vie en Werfenweng suite à un gonflement d’estomac. Une belle sixième place de Yannick Weber dont l’attelage est plutôt spécialiste de la moyenne distance, et neuvième place de Daniel
Foulon.
En B1, 6 chiens, Pascal Gérard, le champion national terre et neige 2ème à l’issue des deux premières manches a de très sérieuses chances de podium, malheureusement il sera rattrapé et finira 4ème.. Septième place du coureur d’Ugine Ludovic Auvray qui rempli « son contrat » terminer dans le premier
tiers.
En B2 catégorie malheureusement peu fréquentée, l’indétronable Bernd Sauerhoeffer rafle la médaille d’or, il devance les trois français Alain Diffort, Nathalie Mannato et Agnès Cointre. Agnès a eu quelques soucis sur la piste, les organisateurs autrichiens dans un souci de perfection damaient la piste alors qu’Agnès était encore en course. Cette catégorie ramène à la France une médaille d’argent et une de
bronze.
En C1, très disputé, 32 attelages de huskies sibériens, l’italien Giovanni Nardelli remporte l’épreuve devant deux autrichien, déception pour Christophe Chevalley qui sera disqualifié alors qu’il flirtait avec le podium, ayant rattrapé trois de se prédécesseurs, ses chiens ont coupé à un Km de l’arrivé ; Dommage, avec son attelage particulièrement bien affûté, Christophe champion national terre et neige cette année aurait bien mérité d’être dans les trois
premiers.
En catégorie C2, quatre chiens nordiques autres que huskies, Jean-Paul Caillebot et Jean-Claude Tredez s’octroieront respectivement les places de quatrième et cinquième, Jean-Claude s’étant retrouvé avec son attelage face à des chevreuils, on suppose aisément la réaction des solides groenlandais, tant qu’ils étaient sur la piste très bien ! Mais lorsqu’ils sont rentrés dans la foret, on imagine le charivari. .
En D1 Jean-Baptiste Labouré garde sa place de champion avec une 1,23 minute sur l’autrichien Hager, l’excellente surprise viendra de Romain Logeais, troisième après une lutte acharnée, il reprendra 1,16 mn à l’autrichien dans la dernière manche, Marc Joguet toujours très bon sera 7ème et Benoît Chambion, pour sa première sélection, se classera 8ème
Les coureurs nous aurons fait vibrer jusqu’à la dernière épreuve :
en D2 catégorie très physique la bataille a été rude ; à l’issue de la deuxième manche quatre coureurs dans un mouchoir de poche, Le slovaque Jaroslav Banocci, les français Laurent Blot, Jean Michel Hoog et Marc Broccard, moult péripéties dans la dernière manche, le Slovaque sort de la foret en tête, Laurent Blot derrière, et ensuite Jean-Michel et Marc, ils ont pris le départ de minute en minute, difficile de savoir, une lutte acharnée entre Jean mi et Marc, les chiens de Jean Mi sont fatigués, Marc double puis tombe, il repart les chiens s’arrêtent à un endroit ou il a beaucoup de spectateur dont certains avec des chiens de compagnie. Marc finira par gagner son podium médaille de bronze très méritée. On peut dire que son père a frôlé l’infarctus à force d’émotion, à ses dires, il est plus facile de courir que de faire le handler supporter. Encore deux médailles pour la France argent et bronze. Thierry Beck assurera une très belle huitième
place.
 
Cette manifestation a été remarquablement bien organisée, une stake out très spacieuse, un parcours très technique et magnifique ; une météo neigeuse le premier jour, le samedi très hivernale neige brouillard mais beau temps pour le dimanche. Environ soixante cinq mille spectateurs ont encouragé les
concurrents. Au final : la France ramène 11 médailles ; 2 or, 4 argent et 5 bronze ; on peut se féliciter de la prestation de nos juniors qui, à eux seuls ont ramené 6 médailles : ils sont porteurs d’espoir pour l’avenir. On ne peut aussi que se féliciter de la clairvoyance du sélectionneur qui a propulsé ces jeunes sur le devant de scène et qui remplieront magnifiquement leur contrat ; globalement l’équipe était très homogène, sur 24 compétiteurs français, 23 ont été dans le premier tiers sinon certains aux places d’honneur. Le sélectionneur Roland Cabanski rapporte, quant à lui, la médaille d’argent pour la deuxième place de la Coupe des Nations, remportée de deux points par l’Allemagne, l’Autriche remportant la médaille de bronze. Globalement ce championnat a été une réussite tant sur le plan de l’organisation que les résultats de nos athlètes à deux et quatre pattes. |